Karma Yoga au Payanet : Planter une graine en conscience sans être dans l’attente de la récolte prochaine..

Karma Yoga au Payanet : Planter une graine en conscience sans être dans l’attente de la récolte prochaine..

6 avril 2019 0 Par Mathilde

En ce début de printemps, beaucoup de travaux de jardinage sont à faire au centre de bien-être du Payanet.

Les feuilles mortes tombées sur le sol en automne sont à ramasser, les mauvaises herbes sorties dès les premières chaleurs sont à arracher, et la terre est à bêcher. Cela va permettre à un tout un écosystème organique de respirer.

Alors ce matin, toute l’équipe du Payanet à mis la main à la patte ou plutôt la main à la terre pour embellir ce lieu.

Équipés de râteaux, sécateurs et brouette nous avons fait le grand nettoyage autour du gîte !

Et c’est en faisant ce travail physique, que nous avons pensé à un précepte essentiel en Yoga : faire une action sans en attendre le résultat ou dit sous une autre forme : être dans le détachement des fruits de l’action.

Ce type de Yoga très connu et très pratiqué en Inde encore de nos jours, s’appelle le Karma Yoga.

Avant de continuer plus loin, apportons un éclairage sur ce qu’est la notion de Karma pour les Orientaux : le karma c’est l’action qui porte ses fruits. Agir ou recevoir un blâme ou une récompense constitue une accumulation de karma qu’il convient d’annuler, peu à peu, au cours des existences terrestres selon le principe de réincarnation de l’âme dans l’Hindouisme.

Le Karma yoga, d’apparence facile à pratiquer, c’est généralement le style de yoga qu’adoptent les femmes en Inde, non pour sa facilité mais parcequ’il leurs permet de s’occuper de leur foyer, leurs enfants, et d’un entourage parfois dans la misère. C’est aussi le style de yoga qu’adoptent les chefs d’entreprises et les philosophes.

La Bhagavad-Gita, l’un des textes les plus sacrés de l’Inde, nous parle aussi de cette notion d’action.  On y apprend que si une action est réalisée dans le but d’attendre un résultat, alors cette action est née d’un désir et que c’est ce désir qui nous créera de la souffrance.

Car lorsque l’on attends quelque chose, on se projette automatiquement dans un espace futur et nous quittons la seule et heureuse réalité autour de nous qui est le moment présent.

C’est toute la philosophie d’un des plus grands sages qu’était Gandhi.

Alors, ayant conscience de tout cela, nous avons sué en bêchant et en ratissant la terre tout en étant pleinement dans cette action.

Nous avons essayé de n’être ni dans les ruminations du passé, ni dans les projections du futur, mais simplement en étant ici et maintenant dans l’action du travail de jardinage.

Nous n’avons pas attendu, ni imaginer de résultats et pourtant après une journée physiquement intense, nous nous sommes surpris à prendre le temps d’admirer et savourer le résultat de ce travail.

Le jardinage ou toutes autres activitées peut devenir, si on le décide,  une méditation en mouvement. Il s’agit juste de faire le travail de ramener sans cesse la conscience à l’instant présent et de ne pas se laisser embarquer par les agitations du mental.

Namasté,

Mathilde